Aidants : valoriser les compétences acquises grâce à la VAE

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Aider un proche malade, handicapé ou très âgé conduit à développer des compétences dans la prise en charge de personnes fragilisées. Des compétences qui pourraient être reconnues par le biais de la Validation des acquis de l’expérience et utilisées dans un secteur où les tensions de recrutement sont élevées.

C’est en tout cas l’objectif d’un article du projet de loi « plein emploi » présenté le 7 septembre 2022 en conseil des ministres.

Présenté par Olivier Dussopt, ministre du Travail, le projet de loi « portant mesures d’urgence relatives au fonctionnement du marché du travail en vue du plein emploi » comporte un article destiné à « poser les premiers jalons d’une réforme de la validation des acquis de l’expérience (VAE) ». L’article 4 vise ainsi à élargir cette troisième voie d’accès à la certification « en autorisant les proches aidants et les aidants familiaux à faire valoir les compétences acquises dans la prise en charge de la dépendance ou de la fin de vie d’un membre de la famille ». Diverses dispositions visent en outre à simplifier les procédures de VAE, notamment dans la comptabilisation des périodes de mise en situation en milieu professionnel. La région, qui organise l’accompagnement d’une personne dans le processus de VAE, pourrait également intervenir sans attendre que la candidature ait été déclarée recevable.

Une réponse aux tensions sur ces métiers ?

Préparée par le rapport Khecha-Rivoire-Soubien remis en mars 2022 au gouvernement et appelant à passer de la VAE à la « Reva » (Reconnaissance de l’expérience – validation des acquis), cette réforme vise à s’appuyer sur la VAE comme « un levier majeur de promotion et d’aide à la résorption du chômage de longue durée dans des secteurs où les tensions de recrutement sont plus qu’exacerbées », selon l’exposé des motifs du projet de loi.

Des expérimentations prometteuses

L’article du projet de loi s’inscrit également dans le contexte des expérimentations lancées en janvier et mars 2022 par Élisabeth Borne, alors ministre du Travail, et les autres ministres concernés. Dans le secteur du grand âge, la première expérimentation avait permis à 86 % de la cohorte d’obtenir une validation totale ou partielle de la certification visée, dont 6 2% en totalité, « sur une durée moyenne de 4 mois contre 16 mois en moyenne dans les parcours de droit commun », se félicitait le gouvernement dans un communiqué du 15 mars 2022.

Sur la base de ces premiers résultats, le gouvernement annonçait le passage à un test « à plus large échelle » avec un élargissement des publics concernés – y compris aux aidants et pairs familiaux –, de nouvelles certifications « notamment sur les premiers niveaux des métiers du soin (aide-soignante) et les métiers de la petite enfance » et la création d’un portail de service public pour faire le lien entre les différents acteurs concernés et les candidats. Financée à hauteur de 15 millions d’euros, cette expérimentation doit permettre d’accompagner 3 000 personnes dans leur parcours de VAE.

Une bonne idée selon l’OCIRP

« Ce projet gouvernemental est une bonne nouvelle dans la mesure où il contribuera à renforcer la reconnaissance du rôle des proches aidants dans la société. La situation de proche aidant est encore mal connue, et de nombreux aidants ne sont pas conscients de l’être, ne connaissent pas les aides existantes ou, s’agissant des salariés, sont réticents à faire part de la charge qu’ils assument en plus de leur emploi » souligne Marie-Anne Montchamp, directrice générale de l’OCIRP, dans un entretien avec L’Assurance en mouvement. « Les études menées par l’OCIRP avec Viavoice montrent que les salariés proches aidants sont conscients des compétences qu’ils développent. Les DRH le sont encore plus, notamment en ce qui concerne l’empathie, l’utilité de l’engagement, la capacité d’organisation. Si les aidants le souhaitent, ils pourraient effectivement répondre aux besoins de recrutement dans les métiers du care (aide-soignants, aides à domicile …). C’est donc une bonne idée. »

Congé de proche aidant : plus simple à obtenir

Rappelons que, depuis le 1er juillet 2022, les conditions pour bénéficier du congé de proche aidant et de l’allocation journalière du proche aidant (AJPA) sont élargies. Un bon signal envoyé à ceux qui jouent un rôle crucial dans le maintien à domicile des personnes âgées.

Pour obtenir de son employeur le congé de proche aidant d’une durée de 3 mois, il n’est plus nécessaire que la personne aidée souffre d’une perte d’autonomie ou d’un handicap d’une « particulière gravité ». Désormais, les aidants de toutes les personnes bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) peuvent y prétendre, quel que soit le groupe iso-ressources (Gir, soit le degré de dépendance de la personne âgée) auquel elles correspondent (Gir 1 à 4) ainsi que les aidants de personnes invalides ou bénéficiaires de rentes d’accident du travail ou de maladie professionnelle.

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