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La conscience des risques associés au numérique ?

Le Lab HEYME est un Fonds de dotation qui a pour objet d’organiser et de soutenir des actions à but non lucratif et d’intérêt général dans les domaines sociaux, de la santé et de l’éducation, auprès des enfants, adolescents et jeunes adultes.

Le Lab HEYME et l’association eEnfance, acteurs de l’éducation au numérique, se sont associés afin de sonder les pratiques des adolescents en ligne, et d’identifier leur vécu en matière de violences sur les écran

L’espace numérique, véritable prolongement des espaces de sociabilité n’a jamais été autant présent dans nos vies, et ce dès le plus jeune âge. Quels usages les adolescents ont-ils des écrans ? Selon eux, où commence le cyberharcèlement ? Ont-ils déjà vécu des violences en ligne ? Quelles sont leurs réactions quand ils en sont victimes ?

Un usage intense des équipements numériques

Le smartphone est l’équipement numérique le plus utilisé : parents et enfants confondus, il est utilisé dans 89% des foyers. Les ados font un usage principalement passif du numérique. En effet, 7 adolescents sur 10 regardent des vidéos exclusivement sur leur smartphone. La moitié envoie des messages privés via les réseaux sociaux alors qu’⅓ d’entre eux font des recherches pour les cours. Les parents quant à eux ont une vision juste des usages de leurs enfants : selon eux 62% des adolescents sont incapables de vivre sans leur smartphone plus d’une journée (estimation des parents : 61%) tandis que 12% des adolescents sont capables de vivre sans leur smartphone une semaine ou plus (estimation des parents : 11%).

Les impacts du numérique

La conscience des risques associés au numérique est partagée par les parents et leurs enfants. Pour les parents, l’usage du numérique engendre en moyenne 4 risques, davantage psychologiques que physiques. En effet, les adolescents déclarent être concernés par de sérieux troubles psychologiques au moins une fois par mois : troubles de l’humeur, sentiment d’avoir une vie moins bien que celles des autres, perte de confiance en soi, ou encore sentiment d’angoisse.

Les connaissances sur les violences en ligne

Le niveau de connaissance est plus élevé chez les parents que chez les adolescents. A noter que les parents semblent être davantage au fait de ces violences comparé aux jeunes eux-mêmes. En effet, le cyberharcèlement est connu par 70% des parents vs. 59% des adolescents ; le happy slapping est connu par 42% des parents contre 24% des adolescents. Pour ce qui est des arnaques en ligne, le phénomène est connu par 68% des parents vs. 48% des adolescents. Enfin, le Revenge Porn est connu par 40% des parents contre 18% des adolescents.

Le vécu des adolescents en matière de violences en ligne

Plus d’1 adolescent sur 10 a déjà été victime de violences en ligne. Selon eux, ces violences en ligne sont liées principalement à la jalousie et au physique (apparence physique et vestimentaire). Aussi, 9 adolescents sur 10 ont réagi afin de faire cesser ces violences en ligne. La plupart du temps, ils se tournent vers leurs parents ou un adulte de confiance.

Être victime ou auteur de violences en ligne : deux comportements qui semblent étroitement liés

Les adolescents ayant été victimes sont plus nombreux à avoir été auteurs de violences en ligne sur une même personne. Les parents, quant à eux, sous-estiment la capacité de leurs enfants à être auteurs de violences en ligne : leurs enfants sont quasiment deux fois plus nombreux à déclarer avoir été auteurs de violence en ligne que ce qu’ils pensaient. 56% des adolescents n’ont vu aucune conséquence suite à leur acte de violence en ligne. Pourtant les conséquences permettent une prise de conscience des adolescents car 9 adolescents sur 10, ayant vu une conséquence à leurs actes, ont pris conscience de leur geste et de ce que cela engendre sur la personne victime.

« Les résultats obtenus obligent à une mobilisation forte pour endiguer ces violences en ligne : des violences qui ne se limitent pas à l’espace du virtuel, leurs effets sont bien réels sur la santé mentale des jeunes. Conscient des enjeux que recouvrent les pratiques des adolescents, le Lab HEYME considère qu’il est indispensable et urgent de créer un écosystème favorable pour enrayer les mésusages numériques. En effet, les adolescents doivent pouvoir se tourner vers des interlocuteurs sensibilisés à la question, et capables de les aider à faire face aux problèmes qu’ils rencontrent. Parents, professionnels de l’éducation, de la santé, et adolescents sont les acteurs de cet écosystème, véritable collectif protecteur », souligne Joffrey Houdoux, Président du Lab HEYME.

Pour Justine Atlan, directrice générale de l’Association e-Enfance : « Cette étude offre un éclairage important sur les effets du confinement outre la forte augmentation de l’usage des équipements numériques chez les adolescents ; le cyberharcèlement parfois présent sur les nouveaux outils de classes en ligne mis en place pendant cette période et la volonté des parents de retrouver un usage « normal » des équipements numériques. Plus que jamais, le devoir d’informer et de protéger les mineurs sur Internet s’impose. C’est la raison de l’engagement quotidien d’e-Enfance à travers ses interventions, ses outils numériques à disposition des jeunes, des parents et des professionnels et de son numéro vert Net Ecoute 0800 200 000 anonyme et confidentiel, accessible 6 jours sur 7. »

Les résultats de l’enquête disponibles sur le lien téléchargeable ici

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