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Jean-Manuel Kupiec : « La société vieillit, les Français doivent en avoir conscience et cette conscience doit être collective »

Avec le vieillissement de la population, la perte d’autonomie des personnes âgées devient un vrai sujet de société. Il faut aider les personnes en perte d’autonomie, mais aussi les aidants qui les accompagnent. le TDAY est un congrès des assureurs dédié à la transformation, pourquoi l’OCIRP est partenaire du TDAY ?

Le TDAY est un carrefour de l’innovation, il existe différents types d’innovation comme l’innovation numérique mais aussi les innovations concernant les produits et les services. Et pour nous, il est indispensable pour demain d’innover sur les services. Nous ne pouvons dissocier le couple produit-services.

Pourquoi les aidants et l’autonomie sont des sujets essentiels pour l’assurance de demain ?

Les aidants sont un sujet essentiel. En 2015, nous avons eu une fracture démographique avec plus de seniors que de juniors : 24,8 millions de seniors (à partir de 60 ans) contre 24,2 millions de juniors (jusque 20 ans). Avec ce vieillissement de la population, l’accompagnement des aidants et des personnes en perte d’autonomie est un sujet essentiel dans notre société. Le problème, les Français ne veulent ni vieillir ni être aidants, voilà pourquoi la loi votée sur le sujet du vieillissement, s’appelle ASV (adaptation de la société au vieillissement). La société vieillit, les Français doivent en avoir conscience et cette conscience doit être collective.

Quels sont les résultats de l’atelier de design thinking live que vous avez organisé lors du TDAY avec des participants des générations Y et Z sur le sujet de la perte d’autonomie ?

Nous avons convié une vingtaine de personnes autour des questions suivantes : Comment aider les aidants demain ? Etre une personne âgée, être un aidant, qu’est-ce que cela signifie ? Quelles sont les solutions à trouver ? Quatre projets à mettre en place sont ressortis de cet atelier :

  • La valise des aidants : quand on annonce à quelqu’un que l’un de ses parents est en perte d’autonomie et qu’il va devenir aidant, la personne est désemparée, il faut donc des interlocuteurs pour l’accompagner. Le territoire de notre pays est vaste, il faut que les aidants trouvent des relais, quel que soit leur lieu d’habitation (ville, zone rurale).
  • La box des aidants : chaque mois, les aidants auront une box pour les accompagner. C’est un processus de prévention pour aider les aidants à s’occuper de soi, à lutter contre l’isolement. En effet, il est assez fréquent que l’aidant décède avant l’aidé. En France, nous avons 8,3 millions d’aidants, 47% sont en activité professionnelle, ils sont à 62% des femmes et ont un âge moyen de 52 ans. Le sujet d’être aidant en entreprise est un sujet d’actualité aujourd’hui et dans le futur et cela est de la responsabilité sociale des entreprises.
  • La création d’une web TV : « je t’aide moi non plus ». Il faut dédramatiser le fait d’être aidant, on peut être aidant ou non aidant, ceci n’a pas forcément un rapport avec le lien familial (filiation). La loi parle de proche aidant, on peut donc aider quelqu’un qui n’est pas de notre famille.
  • Le concept de bien vieillir ensemble. Il faudrait créer un nouveau métier entre le proche aidant et l’aidant professionnel. Ce serait des « aidants + », mieux formés, grâce à la VAE (validation des acquis de l’expérience). Ces nouveaux aidants permettront de créer une communauté d’aidants qui s’entraident entre eux, nous pouvons parler de « pair-émulation ».

En conclusion, il faut bien avoir conscience de l’importance d’aider les aidants et les personnes en perte d’autonomie, comme le disait Luc Ferry, « il faut aider ses vieux ».

Propos retranscrit de l’interview Periscope Live de JEAN-MANUEL KUPIEC – OCIRP – DGA pour le HUB-TDAY Insurance des 7 et 8 juin 2017.

Jean-Luc Gambey 

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